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Multiplication des actes de violence

« Voir un meurtre en direct, ça laisse des traces »

« Voir un meurtre en direct, ça laisse des traces »
En juillet, c'est presqu'une bataille par jour qui est survenue au pénitencier de La Macaza. / Cogeco Média

La situation dans les pénitenciers des Laurentides est devenue insoutenable.

Depuis le début de l'année 2026, on note une multiplication des actes de violence entre détenus.

Seulement à l'établissement fédéral de La Macaza, 150 incidents ont eu lieu depuis le 1er janvier.

Quant au mois de juillet, le président national du Syndicat des agents correctionnels du Canada, affilié à la CSN, Frédérick Lebeau, parle d'environ une bataille par jour.

Du côté de l'Établissement Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, c'est un été chaotique que vivent les agents correctionnels, qui doivent composer avec un manque flagrant d'effectifs et des heures supplémentaires obligatoires.

Monsieur Lebeau s'inquiète pour la santé mentale et physique de ses membres.

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Ça prend plus d'argent, et plus de soutient, surtout en santé mentale, pour nos agents correctionnels. On est laissés à nous-mêmes. C'est pas un numéro 1-800 sur le PAE qui va faire la différence quand on voit une agression armée (...) quand on voit un meurtre en direct sur une télévision 4K, ça laisse des marques. (...) il faut régler ça et ça prend plus d'investissements.

Frédérick Lebeau

L'enfant oublié de la Sécurité publique

Monsieur Lebeau souligne que le gouvernement fédéral oriente la majorité de ses actions dans la défense des frontières et le financement massif de l'armée. 

Or, la situation est devenue insoutenable à l'intérieur des pénitenciers fédéraux.

C'est ben beau défendre les frontières extérieures, mais il y a des crimes qui se passent à l'intérieur de nos frontières, de nos murs.

Frédérick Lebeau

Pas de conséquences pour les actes de violence

Depuis 2019, l'isolement préventif a été aboli dans les établissements fédéraux. Selon monsieur Lebeau, des pressions auraient été mises sur le gouvernement Trudeau pour en exiger l'abolition, sous prétexte que l'isolement était trop punitif, et pouvait nuire à la santé mentale des détenus.

Résultat : les actes de violence se soldent trop souvent sans conséquence pour les instigateurs, une situation que déplore le président du Syndicat.

Afin d'assurer la sécurité des agents et des détenus, mais aussi de donner une chance à l'idée d'une réinsertion sociale réussie, il soutient que des investissements massifs sont impératifs.

Des détecteurs de drones et des brouilleurs d'ondes sont certains des outils qu'il identifie comme nécessaires dans une réalité où les détenus poursuivent actuellement leur carrière criminelle derrière les murs des pénitenciers.

Quant aux cellulaires, ils représentent, dans les Laurentides comme ailleurs, un véritable fléau, alors qu'ils sont livrés tantôt par drone, tantôt par un visiteur.

On saisit 2 cellulaires, et il en rentre 4 la journée même. C'est vraiment un fléau.

Frédérick Lebeau

Enfin, monsieur Lebeau déplore que très peu d'enquêtes soient effectuées de façon exhaustive après les actes violents.

La raison est simple : pas d'effectifs.

Certains pénitenciers ont parmi leur personnel des unités d'intervention structurées qui ont entre autres la responsabilité d'enquêter à la suite d'actes de violence.

Les deux établissements des Laurentides n'ont pas de telles unités. 

Les gestions ont pris la mauvaise habitude de dire « ben écoutez, vous vous êtes battus, donnez vous la main, ne recommences plus, et c'est terminé ». Donc l'enquête de : Pourquoi cette bataille a éclaté? Qu'est-ce qui se passe dans nos murs? Est-ce qu'il y a une prise de possession des gangs criminalisés? Est-ce qu'il y a deux gangs rivaux qui s'affrontent? Toute cette analyse-là est faite beaucoup plus rapidement, superficiellement, et il n'y a plus de conséquences. Les détenus (...) se battent, s'agressent, et après ça, on retourne en salle commune et c'est terminé.

Frédérick Lebeau

Selon lui, la réinsertion sociale est aussi en cause dans la situation actuelle.

Puisque les détenus poursuivent sans encombre leurs activités criminelles tout au long de leur incarcération, le processus de réinsertion est pratiquement toujours un échec lors de leur sortie, alors qu'ils reprennent leurs activités comme si rien ne s'était passé.


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