La multiplication des fermetures de la rue Principale pour des événements ou des travaux pèse lourdement sur les commerces locaux.
Entre baisse de leur chiffre d'affaires, embûches logistiques et manque de communication, plusieurs commerçants estiment subir les contrecoups d'une vision municipale qui ne répond pas à leur réalité quotidienne.
Cette insatisfaction s'est récemment exprimée en ligne. Dans une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, une commerçante a illustré le quotidien de ces entraves, suscitant des réactions d'appui du milieu des affaires et des clients locaux. Il s'agit de Mélanie Tardif, propriétaire de l'établissement La table est mise, situé au 383, rue Principale.
Entraves à répétition et pertes financières
Depuis son déménagement à son adresse actuelle, Mme Tardif cumule les embûches liées à l'aménagement urbain. La circulation sur le tronçon de la rue Principale situé à la hauteur de l'avenue Baron est régulièrement perturbée. Selon la commerçante, on compterait plus d'une quinzaine de semaines de fermeture devant son établissement au cours des trois dernières années.
Mme Tardif affirme que l'été dernier, une fermeture consécutive de six semaines pendant la période estivale a entraîné l'annulation de 127 commandes pour La table est mise, représentant une perte d'environ 13 000 $.
C'est le même son de cloche pour Josée Théoret, propriétaire de l'animalerie Pattes et Griffes au 435, rue Principale, et la situation actuelle est inédite.
« Ça fait près de 22 ans que je suis installée ici, et je n'ai jamais connu autant de fermetures. On ne les choisit pas, on les subit »
Problèmes logistiques
Pour une animalerie de proximité, la logistique quotidienne dépend grandement de la facilité d'accès : transporter des sacs de nourriture pour animaux de 30 ou 40 livres devient un casse-tête pour les clients lorsque la rue est barrée et que les stationnements sont inaccessibles. Tout comme pour les plats préparés, la clientèle qui doit faire un effort démesuré pour simplement se garer finit par se tourner vers de grandes surfaces où l'accès est direct.
À cela s'ajoutent des désagréments très pratiques, comme l'impossibilité d'ouvrir les portes de la terrasse intérieure du commerce en raison de la poussière générée par les chantiers, ou les bris d'aqueducs lors des travaux, qui mettent à risque les aquariums.
« On en mange de la poussière et ça ne fait pas partie de nos recettes! »
Un comité en vue pour les commerçants
Pour remédier à la situation, Mme Tardif tente de mobiliser les marchands cet automne afin de former un comité d'action et faire entendre leurs préoccupations auprès des décideurs.
Alors que la rue Principale de Lachute a mis des années à se revitaliser pour éviter de devenir une artère fantôme, les propriétaires ont besoin aujourd'hui d'un soutien concret, d'une meilleure communication en amont des chantiers et d'une véritable écoute.
Mme Tardif lance d'ailleurs un appel direct aux élus, leur demandant de « sortir de leur bureau et de venir à leur rencontre » afin de trouver ensemble des solutions durables avant qu'il ne soit trop tard.
Source: Courtoisie, Mélanie Tardif
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